mercredi 11 janvier 2017

Accord politique du 31 décembre 2016 : Quid de la parité ?



Josephine Mbombo Mesu présente l'intervenante:
Anne-Marie Makombo
J’ai été conviée le 6 janvier, par la Présidente du «  Centre d’Etudes sur la Justice et la Résolution 1325 » (CJR 1325), Irène Esambo Diata, représentée par Rosy Kombe à faire une restitution des assises du centre interdiocésain. Mon intervention avait pour objectif de relever l’impact de l’accord du 31 décembre  2016 sur la participation politique de la femme congolaise. A cet effet, j’ai retracé l’historique de la crise politique congolaise, jusqu’à la signature de «  l’accord politique global et inclusif » du 31 décembre 2016.
Le deuxième et dernier mandat du président Kabila a expiré le 19 décembre 2016 à minuit. Faute d’avoir organisé l’élection présidentielle pour assurer une alternance
apaisée et tant souhaitée par le peuple congolais, le pays aurait pu s’embraser. En effet, le maintien au pouvoir du président Kabila est interprété par la population comme un défi. Un dialogue s’imposait ! Un dialogue réunissant tous les représentants des forces vives de la nation pour déterminer la durée de la période de transition et gérer cette dernière dans la paix. Le but ultime étant la préparation des élections.

Un appui substantiel à la lutte inlassable des femmes congolaises

Il faut noter à cet égard que les Nations Unies apportent un appui substantiel à la lutte 
Anne-Marie en pleine restitution sur l'accord
du 31 décembre
inlassable des femmes congolaises pour une meilleure représentation dans les instances de prise des décisions. Le 4 janvier 2017, le Conseil de sécurité a examiné la situation de la République Démocratique du Congo lors de sa 7856è séance. Le Président dudit Conseil a fait en son nom la déclaration suivante : «  Le Conseil de sécurité se félicite de la signature, le 31 décembre 2016 à Kinshasa, de l’accord politique global et inclusif, qui fait suite à l’accord conclu le 18 octobre 2016, sous les auspices de l’Union Africaine, et salue les efforts inlassables qu’ont déployés les médiateurs de la Conférence épiscopale Nationale du Congo (CENCO) pour faciliter cet accord… Il insiste sur le fait qu’il importe d’associer les femmes au suivi et à la mise en œuvre de l’accord ».

Pourtant, faisant fi de la Résolution 1325 des Nations Unies qui exige la présence des femmes autour de la table des négociations en période de conflit ainsi que leur participation à l’exercice du pouvoir, les femmes étaient quasiment absentes durant les négociations. Aucune des décisions entérinées dans l’accord signé le 31 décembre ne mentionne qu’il faut prendre en compte le genre dans l’application de l’accord, c'est-à-dire dans le partage des responsabilités.

 La lutte est toujours âpre à ce sujet.

Anne-Marie explique la Déclaration du Conseil de Sécurité
des Nation Unies
Malgré la ferme déclaration du Conseil de Sécurité, la junte masculine congolaise n’est pas prête à faire une place aux femmes pour atteindre ne serait-ce que 30% dans les postes de prises des décisions. Même les partis politiques qui ont bénéficié de plusieurs formations sur la nécessité et l’importance d’inclure et d’impliquer les femmes dans les différents postes de décisions, ont du mal à intérioriser la culture du genre. La lutte est toujours âpre à ce sujet. Les différentes associations des femmes multiplient à ce jour, des déclarations, des mémorandums, des visites à la CENCO pour sensibiliser les évêques à leur cause. Nous espérons que les prélats auront une oreille attentive, et que nos revendications seront entendues lors de la formation du conseil national de suivi de l’accord, du gouvernement, des entreprises de l’Etat et du territorial.
Voilà en substance ce que j’ai relaté à une trentaine de femmes du CJR 1325. Je les ai exhortées à ne pas se décourager.

 A l’instar de tout ce qui précède, nous ne devons pas oublier la finalité de notre combat, ce sont les élections. Les femmes doivent d’abord se faire massivement enrôlées, être électrices et candidates aux élections. C’est par leur participation aux élections que les femmes pourront espérer un jour voir progressivement la parité être effective dans notre pays et ainsi avoir un mot à dire dans la reconstruction de notre cher pays la RD Congo.

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